PEPSoignant - Une autre formation

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PEPSoignant - Une autre formation

 

Bonjour,

Je m'appelle Philippe Gaurier.

J'ai 35 ans de carrière soignante, d'Infirmier en 1977 à Cadre supérieur de santé, chargé de mission: Formation et Recherche, aujourd'hui.

Toutes ces décennies, consacrées aux malades, aux étudiants en soins, aux équipes soignantes, et aux institutions, m'obligent à penser qu'il est fondamental d'accompagner les soignants dans leur accompagnement des soignés pour qu'ils perdurent au mieux au lit du malade.

Le saviez-vous? On ne dit plus turn-over soignant. On dit "taux de fuite". Je trouve ces mots très explicites. On atteint parfois 15 à 20% dans ce domaine? C'est ce qui continue de donner l'impression d'une moyenne de vie professionnelle infirmière de 6 à 8 ans. Effectivement, si 15 à 20% de vos collègues vous quittent chaque année, c'est obligatoirement l'impression que vous ressentez!

 

Il y a tant à dire, tant à faire.

Si les soignants quittent le soin et plus spécifiquement la proximité du soin, c'est parce qu'ils estiment que les conditions de travail y sont trop défavorables et les risques psychosociaux trop développés.

Quand on les interroge sur leurs départs, ceux qui répondent citent le plus souvent: les salaires modestes, les horaires fluctuants, les roulements difficiles, mais aussi les changements d'horaires et de roulements.

La charge de travail et les changements trop fréquents de lieux de soins font qu'ils gagnent en polyvalence, certes, mais qu'ils leur semblent perdre en compétences, en confiance, en structuration d'équipe.

Les soignants paramédicaux et les infirmières en particulier sont l'objet de toutes les demandes, de toutes les plaintes... de tous les ordres, de toutes les hiérarchies.

 

Alors, on forme les soignants... à l'adaptation, à la polycompétence, à l'excellence, à l'efficience... On les informatise. On les évalue, on nous ajuste. On leur apprend à mieux gérer leur stress pour qu'ils soient capables d'en supporter encore plus, toujours plus... Mais jusqu'où?

 

On fait appel à des intervenants, des formateurs, des conseillers, des coachs, des superviseurs... Ils viennent bien souvent "d'ailleurs" nous enseigner qu'"ici" l'on peut faire encore mieux.

Ils savent tout... sauf ce que l'on fait "ici".

Ils ne savent pas qu'"ici", notre travail: c'est aussi l'affrontement, récurrent et continu, de la maladie, la souffrance et la mort par patient interposé.

Ils ne savent pas que tous ces événements soignants, différents parce que chaque patient est différent, s'accumulent dans nos mémoires professionnelles... parfois jusquà saturation.

 

Ainsi, au delà de tous les facteurs précités qui influencent le départ des soignants et sur lesquels il nous faut absoluement évoluer, nous devons aussi proposer aux soignants de retravailler leurs souvenirs de soins les plus douloureux, a posteriori, afin qu'ils en diminuent la charge émotionnelle résiduelle.

C'est ce que je vous propose. Entre nous, soignants, nous le ferons d'autant mieux!